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Le projet “Les Amalias”

C’est un lieu de vie radicalement nouveau pour trois jeunes adultes avec handicap. Un «chez eux» ouvert vers l’extérieur et au cœur duquel la fragilité est légitime, palpitante et joyeuse.

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Les Amalias, pour qui ?

Pour trois jeunes adultes et amis qui désirent vivre ensemble en colocation, malgré leur handicap.

Pour leurs familles qui construisent un modèle d’accompagnement où l’épanouissement personnel est central. Un modèle qui sera autonome pour leur survivre,et reproductible pour essaimer une autre manière de vivre ensemble nos différences.

Pour les professionnels de l’accompagnement, pour qu’ils retrouvent du sens et de l’autonomie, alors qu’ils oeuvrent au quotidien au coeur de l’humain.

Pour nous tous, pour célébrer la diversité de l’humanité et lutter contre l’uniformisation stérilisante.

Les Amalias, où ?

Dans le quartier des Chambarels à Forcalquier dans le département des Alpes-de-Haute-Provence.

Les Amalias, c’est quoi ?

Trois bâtiments:

– la colocation baptisée «Billes de clown» dans laquelle les trois colocataires seront accompagnés 7 jours/7 et 24h/24 par une équipe de professionnels organisée en gouvernance partagée.

– Un bâtiment composé de trois logements sociaux et d’un quatrième logement pour héberger les proches des colocataires et les visiteurs (artistes en résidence, familles en séjour de répit…)

– Une salle commune pour favoriser la rencontre entre les personnes avec et sans handicap.

Les Amalias, pour quand ?

La construction par le bailleur social, la Foncière Chênelet doit démarrer au printemps 2020 pour une inauguration prévue mi-2021

Les Amalias est lauréat de l’appel à projets

logo lachpa

Pour tout comprendre sur l’habitat inclusif, regardez cette courte vidéo de notre partenaire Familles Solidaires

L’emplacement futur du hameau des Amalias
sur le chemin des Chambarels à Forcalquier

Témoignages

Estelle

Estelle

future colocataire

Je suis Estelle et je peux dire que ce projet des Amalias, c’est pour moi comme un abri pour ma vie, un abri pour pouvoir me déployer. Les Amalias, je le vois comme un endroit pour apprendre qui je suis en tant qu’adulte et comment je peux vivre sans ma mère et avec son soutien. C’est pour moi ma maison rendue possible par des personnes qui m’accompagnent en me voyant comme une vraie personne qui a droit à sa propre vie. Pour moi, Les Amalias, c’est une aventure, c’est l’aventure de trois amis qui veulent vivre ensemble parce qu’ils se ressemblent et que ça fait du bien, quand on est chez soi, d’être avec des personnes qui nous comprennent pour ensuite oser aller au dehors se frotter au monde… Les Amalias, c’est ce rêve de continuer de devenir au creux d’un abri, c’est-à-dire une maison, mais surtout des amis.

Frédérique

Frédérique

auxiliaire de vie sociale

Je suis auxiliaire de vie sociale. Je travaille pour Lucile depuis plus de 4 ans à son domicile et au sein d’une équipe de professionnels. Je l’assiste dans tous les actes de la vie quotidienne, mais surtout je l’accompagne sur son chemin de vie. Le projet des Amalias est apparu sur ce chemin, il m’a enthousiasmée ! Il est devenu un enjeu existentiel pour Lucile je crois, et une grande aventure pour nous. Pourquoi j’ai envie de m’investir dans ce projet ? Parce qu’il a du sens, il est profondément humain. Non seulement il relie tous les êtres, quels qu’ils soient, mais également il s’adapte à l’individu, il répond à ses besoins fondamentaux. Et avant tout, il permet à des personnes en situation de handicap de vivre une vraie vie, avec des liens sociaux et amicaux, dans laquelle ils ont un pouvoir de décision, et de création. Imaginez Lucile, Estelle et Robin se retrouvant dans la pièce commune, après un moment d’intimité voulue, pour partager un temps ensemble, écouter de la musique, ou bien en faire. Moi, j’imagine très bien Robin à la guitare, Lucile qui chante, et Estelle qui danse au milieu, un simple moment de vie. Ensemble.

Lucile

Lucile

future colocataire

Vous voudriez, vous, vivre chez vos parents jusqu’à la fin de vos jours… ou des leurs ? Je ne pense pas que cela fasse rêver beaucoup de monde. J’aime mes parents, mais je ne veux plus vivre avec eux au quotidien. J’ai besoin d’être au-delà de leur regard pour m’inventer. D’ailleurs, depuis mes 20 ans, je suis l’employeur des personnes qui partagent mes journées, c’est à moi de décider qui m’accompagne et comment se construit ma vie. Ce que je souhaite, c’est vivre avec d’autres jeunes adultes, comme moi, que nous nous entendions bien, chez nous, avec des personnes qui nous accompagnent et qui partagent notre quotidien, qui sont non seulement des salariés, mais avant tout des compagnons de route… Faire communauté ensemble, voilà ce à quoi j’aspire. Et si, pas loin de chez nous, il peut y avoir des gens qui ont envie de découvrir qui nous sommes derrière nos figures de « billes de clown » et s’ils ont envie de découvrir qui ils sont aussi, alors ensemble nous pourrions donner et recevoir et nous sentir plus humains et grandis de nos différences.

Jean-Guillem

Jean-Guillem

président d'Ensemble et Différents

J’ai rencontré Lucile et sa famille en 2015, à l’occasion d’un événement organisé par l’association Ensemble et Différents. J’ai été touché par les échanges autour de la fragilité, et mon regard sur le handicap a changé. Il y avait une grande ouverture d’esprit dans la prise en charge de la dépendance, la volonté de laisser Lucile vivre ses choix, de ne pas décider de ses journées. Avec ma fille, Louise, j’étais davantage dans une relation d’accompagnement de la dépendance. En tant que parent, j’ai été amené à prendre de nombreuses décisions pour ma fille, sans trop me poser de questions. Cette rencontre m’a reboosté et a été une grande leçon pour moi. Le projet des Amalias m’a conquis dès le départ. C’est à la fois un lieu de vie pour les colocataires, mais, grâce à la salle commune, je l’imagine devenir aussi un lieu-ressource où le handicap n’est plus un problème, mais une différence parmi d’autres. Et au-delà, je le rêve comme un lieu qui permettra à chacun de vivre enfin pleinement sa citoyenneté. Ce lieu ressource me renvoie à mon précédent métier de gestionnaire de patrimoine social dédié aux travailleurs immigrés. Une fois par an, nous organisions une grande fête pour nous marrer. Mais l’ambition était bien plus grande: créer une porosité entre le foyer et la ville, que le foyer ne soit plus un lieu d’extra-territorialité. Les Amalias ont pour moi la même ambition.

Marie & Gilles

Marie & Gilles

parents

Notre fille, Lucile, a été accueillie en institution de ses 5 à ses 10 ans. Pour répondre à son désir de reprendre place dans son village, nous avons organisé un accompagnement alternatif à notre domicile. Lucile a été à l’école puis au collège, sur des temps aménagés et accompagnée par des auxiliaires de vie. Après ses 16 ans, l’accès au lycée lui a été refusé. Pour répondre à son besoin d’ouverture vers l’extérieur et d’évolution hors du cadre familial, Lucile a été accueillie deux nuits par semaine chez une de ses accompagnatrices pendant deux ans. Les deux besoins fondamentaux de Lucile se sont confirmés : vivre dans la société et habiter avec des amis de son âge. En tant que parents, nous arrivions aux limites de ce que nous pouvions offrir à notre fille, devenue jeune adulte. Nous étions inquiets pour l’avenir. En 2014, nous nous sommes autorisés à rêver un habitat partagé et accompagné. La première vision des Amalias était née : permettre à trois personnes avec dépendances de vivre chez elles, en lien avec la société, en y apportant leurs singularités et leurs richesses. Aujourd’hui, nous imaginons ce futur lieu, un jour d’anniversaire d’un des colocataires. Il y a de la musique dans la pièce principale, baignée de soleil. Les trois amis sont sur les trois canapés, heureux d’accueillir leurs proches. Après le repas, des artistes en résidence proposent un spectacle dans la salle commune, avec la participation des colocataires. Nous sommes émus, confiants et remplis de gratitude.

Les projets des colocataires

“Lucile et les Passeurs de silence”

Lucile est une jeune adulte porteuse de handicap. Elle écrit des poésies depuis qu’elle a pu accéder à la communication profonde accompagnée.

Comme tous les jeunes de la Terre, elle désire tout mettre en œuvre pour réaliser ses rêves et accéder à une vie autonome.

Pas facile quand on ne marche pas terrible, quand on ne voit pas grand-chose, que notre vocabulaire se limite à quelques mots et qu’on a toujours besoin de quelqu’un pour accomplir le quotidien. Nombreux sont ceux qui lui ont dit « pas possible d’avoir une vie en entier ».

Mais Lucile désire partager, échanger, vivre dans la société́, alors elle a décidé d’écrire, de chanter, de monter sur scène et de montrer à tous que c’est possible.

En 2019, Lucile et les musiciens des Passeurs de silence ont enregistré une dizaine de chansons. Ils se produisent régulièrement en concert.

Robin, ses frères, et leur projet de film “Debout Frérot”

Ils sont trois frères.
On ne peut pas les rater.
Le troisième frère, Robin, est devenu grand.
Il est autiste. C’est comme ça.
Ils ont grandi avec l’idée que certaines choses sont irréversibles…Et que derrière ce corps désarticulé, il n’y avait personne.
Jusqu’à ce que la fatalité ne soit plus une histoire acceptable.
Et si tout pouvait changer ? Et si au bout du compte…ils avaient un rôle à jouer ?
Un jour d’été, Quentin et Nicolas décident de sillonner les routes en camion avec Robin, leur frérot, à la recherche d’explications : celles des médecins, thérapeutes, artistes qui s’intéressent à la compréhension de l’autisme et proposent des solutions innovantes.
À travers leur périple, ils partagent leur regard sur une réalité familiale, tout en partant à la rencontre des familles singulières qui leur ressemblent. Un roadmovie en autisme qui, dans sa recherche de pistes de mieux être et sa poésie du quotidien, offre un message résolument positif en redonnant l’espoir du vivre-ensemble, là où les familles se heurtent trop souvent au fatalisme et à l’incompréhension.